Accepted paper:

Faire de la « transaction sociale » un mode de production d’habitants-travailleurs: Le cas de la gestion de sécurité immobilière et du logement intergénérationnel

Authors:

Thomas Watkin (Université de Nîmes)

Paper short abstract:

De nouveaux modes de gestion produisent aujourd’hui un processus de « transaction sociale », comme un échange social contractualisé et négocié, entre une demande et une offre de logement destinée à un usage d’habitat individualisé et temporaire. Les modes de vie produits de ces conditions d’habitat se caractérisent par un statut d’emploi et des responsabilités de travail pour ces nouveaux logeurs. Nous observerons ce phénomène en prenant les cas de la gestion de sécurité immobilière ainsi que celui plus connu du logement intergénérationnel en tant qu’ils illustrent cette mise en œuvre de cette transaction sociale.

Paper long abstract:

Sous l’effet de multiples facteurs issus de la crise économique (fragilité de l’emploi, difficulté d’accès au logement) ou liés au développement de nouveaux modes de vie et d’habitat (fragmentation familiale, individualisation des choix, mobilité résidentielle et professionnelle) ces productions gestionnaires de l’habitat tendent à effacer les frontières entre lieu du travail et lieu du domicile. Les modes gestionnaires à l’origine d’une « transaction sociale », comme un échange social contractualisé et négocié, sont activés par l’émergence de l’économie sociale et solidaire ou des pratiques collaboratives aidant au développement d’une diversité de dispositifs d’habitat. Les cas de la gestion de sécurité immobilière et du logement intergénérationnel illustreront la manière dont leurs habitants sont contraints et choisissent de suivre des règles contractualisées leur imposant des responsabilités : maintenir la sécurité d’une propriété ou aider une personne âgée dans le logement où ils résident. En échange de ce « travail » dans ce chez soi temporaire le résident bénéficie de l’avantage de loyers peu chers, d’une localisation en ville, d’une surface habitable importante. Cet « habitant-travailleur » voit alors son statut d’habitant disparaître derrière les appellations d’« aide » ou de « gardien » mis en avant par les agents producteurs de cette « transaction sociale ». L’observation ethnographique et des entretiens apporteront un éclairage sur les pratiques et gestes induis dans ce contexte relationnel et socialisation de cet « habitant-travailleur » avec ses hôtes, colocataires, logeurs ou bailleurs.

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Travailler chez soi ou habiter son travail. La mixité des sphères domestiques et professionnelles