EASA2012: Uncertainty and disquiet

Nanterre University, France, 10/07/2012 – 13/07/2012

(W109)

Quelles perspectives pour une anthropologie des émotions? Les approches pragmatiques dans l'analyse des mobilisations en contexte d'incertitude

Location R09 (in V)
Date and Start Time 13 Jul, 2012 at 11:30

Convenors

Manon Istasse (Université Jean Monnet (Saint-Etienne)) email
Véronique Dassié (IDEMEC CNRS Aix Marseille University) email
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Short Abstract

Dans le cadre d'une anthropologie pragmatique, les chercheurs recourent à diverses notions (émotion, valeur,...) dont le sens et la portée ne sont pas toujours explicites. L'objectif du panel est de revenir sur ces notions par l'analyse de situations où des individus les expérimentent.

Long Abstract

Attachements, émotions, valeurs, intimité, régimes de valeur, affects, enjeux mémoriels .... forment une nébuleuse de notions et termes mobilisés dans le cadre des approches pragmatiques. Ces approches ont pour but d'atteindre au plus près l'expérience concrète des individus dans leur aptitude à réagir face à l'incertitude du devenir d'un objet culturel ou naturel, à se mobiliser en réponse à des inquiétudes communes. Les recherches inscrites dans cette optique couvrent de nombreux domaines. Ainsi Tornatore et Heinich s'intéressent-ils aux émotions et aux valeurs auxquelles les acteurs se réfèrent au cours des actions relatives au patrimoine. Hennion quant à lui scrute les pratiques et attachements des amateurs et passionnés de la musique. Milton étudie l'importance et les modes de convocation des émotions chez les écologistes et les protecteurs de la nature. L'abondance des recherches mène cependant à une relative confusion de termes qui parfois ne sont même plus définis et passent pour acquis. Face au risque de voir leur portée heuristique diminuer, il s'agit de réfléchir à leur avenir, aux situations où elles se révèlent pertinentes, aux dispositifs théoriques auxquels elles mènent, et à la manière de les rattacher à d'autres approches anthropologiques. Toute étude de cas relative à de tels attachements, ou toute synthèse théorique, apportera sa pierre à l'édifice.

This workshop is closed to new paper proposals.

Papers

Les textures affectives de l'habillement

Author: Thierry Berquiere (MECS Mon Oustal Saint-Pons, SOAE Béziers)  email
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Short Abstract

L'habillement en tant que processus est habité par l'Autre dans sa texture affective. Il peut devenir un témoin du lien à l'autre avec qui il continue d'entretenir une charge d'affects et de réminiscences. Un objet tout seul ça n'exste pas.L'habillement est au coeur du lien maternel et du don.

Long Abstract

L'enveloppe vestimentaire peut contenir en dépôt des traces mnésiques, sensorielles, affectives. L'habillement, en tant que processus est habité par l'Autre dans sa texture affective. Les expériences douloureuses de perte, de fragilité narcissique, de séparation, de traumatisme, peuvent révéler l'hyperesthésie de cette enveloppe, qu'il s'agisse de phases critiques de l'existence ( Séparations, adolescence, deuils ) ou bien d'une expression pathogène de la souffrance (Abandon, hospitalisations, ruptures, situations de dépendance). L'habillement fonde les liens tant du coté de l'in-vestiture que de l'in-vestissement.Comment les situations d'incertitudes, de souffrances, peuvent "excéder" sa banale ou tranquille familiarité. Des témoignages d'angoisse de séparation ou d'abandon montreront tout ce qui peut circuler par le vêtement.

Cet objet intime peut devenir un témoin, témoin du lien à l'autre, l'absent avec qui il continue d'entretenir des liens avec leur charge de souvenirs, de sensations, d'associations, d'émotions et d'affect. L'objet "n'est pas inerte" et un objet tout seul ça n'exste pas. l'habillement est au coeur du maternel et du don. Quelles sont les particularités de l'enveloppe textile, et comment celle-ci nous invite à penser le lien autrement.

Pourquoi l'émotion esthétique? Théorie de l'art et expérience du spectateur.

Author: Virginie Valentin (Bibliothèque nationale de France)  email
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Short Abstract

A travers la théorisation de l'art des avant-gardes artistiques du début du XXe siècle et le prisme de la socio-anthropologie de la réception, au cours de cette intervention, j'étudierai l'idée selon laquelle l'art est un mode de communication qui passe par l'émotion esthétique.

Long Abstract

L'idée selon laquelle l'art est un langage qui passe d'abord par l'émotion est une idée développée en socio-anthropologie esthétique. Il existe en effet un pouvoir expressif de l'art.

Dans le cadre de cette intervention, nous aimerions montrer quel est l'intérêt de la notion d' "émotion esthétique » et en quoi l'art est un territoire humanisant des activités humaines (Leveratto, in Le Portique, 2006). en effet, André Leroi-Gourhan affirmait que les arts figuratifs sur lesquels il travaillait constituent un langage émotionnel et de l'intime (Le geste et la parole, 1964). L'idée du pouvoir émotionnel des arts (peinture, musique, danse, cinéma) a largement été développée par les théoriciens de l'art depuis le début du XXe siècle et les mouvements de l'avant-garde artistique. Ces théories ont contribué à renouveler l'art et ses visées. D'autre part, la socio-anthropologie de la réception s'intéresse aussi à ce pouvoir émotionnel de l'art. Il a été notamment souligné dans le cas de la danse (J. M. Guy, Les publics de la danse, 1991). A travers les théories des avant-gardes artistiques mais aussi la question de l'étude des publics et de leur(s) émotion(s) face aux œuvres artistiques, je propose ici de m'interroger sur ce « pouvoir émotionnel » de l'art. C'est aussi sur la nécessité sociale de l'art que nous nous interrogerons et sur les valeurs qui y sont attachées (Nahoum-Grappe et Vincent Le goût des belles choses, 2005).

Authenticity and commoditization at home - Interest and affect in the built environment

Author: Marie Stender (Aalborg University)  email
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Short Abstract

This paper investigates how interest and affect are entangled in the built environment of new Danish homes. The paper unfolds tensions and conflicts in the process from design through branding to occupancy of the house, and the relationship between authenticity and commoditization is explored.

Long Abstract

In Denmark, the concept of authenticity is often associated with old houses. By way of design and branding, though, new neighbourhoods are made authentic, referring to their historical past, architectural uniqueness or sense of community. Based on a fieldwork in three new residential buildings in Copenhagen, the paper explores the inherent paradox of the staging of authenticity.

Rather than viewing the house solely from the perspective of the resident, the study ethnographically traces the entire process from design to occupancy in order to investigate how notions of value and authenticity are negotiated. The aim is to unfold how forces of commoditization and singularization intertwine as the house is transformed from an architectural expression into real estate for sale and eventually into somebody's home. What tensions are revealed in this process and how are interest and affect entangled?

Authenticity seems to be a key concept in contemporary branding of products, places, and more recently also private homes. On the one hand authenticity thus seems to be closely related to the commercial value of things, on the other hand the authentic is held to be an expression of an inner nature or feeling; that which is not staged and commoditized. The paper questions this apparent paradox and discusses how interest and affect are entangled in the built environment, as new homes are made authentic.

Drôle de Flâneur

Author: Patrick Laviolette (Tallinn University)  email
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Short Abstract

À travers une étude ethnographique comparative du phénomène de l'exploration du milieu urbain en Estonie et au Royaume-Uni, cette présentation considère les dimensions émotionelles, viscéraux et somatiquement accélérés des jeux dangereux et à risques.

Long Abstract

Cette présentation analyse les notions d'accélération, de peur et de l'euphorie, liée à la recherche d'une augmentation de la vitesse dans le vécu, pour autant qu'elle ait trait à la prise de risque volontaire, aux formes de loisirs hasardeux, et à une façon d'explorer, souvent illicitement, le milieux urbain. Favorisée par les soucis de la globalisation, d'une architecture post-moderne, et la dégradation des bâtiments, ainsi que par cette frénésie moderne pour loisir à tout prix et pour le détachement de toute contrainte, l'expression de l'imaginaire par le physique n'a jamais connu aussi peu de limites. Elle est indubitablement plus rapide, et le manque de temps est souvent la principale justification de tout amateur de frissons et de toute tête brûlée. On peut donc percevoir de nos jours l'esprit du flâneur de Baudelaire ou de Benjamin dans la notion de l'immédiat, et donc d'un flâneur 'à l'accélérée'. Afin de comprendre ce qu'est réellement la fascination de cette expérience sociale de la modernité, il faut laisser les théoriciens traditionnels pour se plonger dans la théorie de l'impressionnisme sociologique de quelqu'un comme Georg Simmel. La toile de fond de la plupart de ses œuvres montre que Simmel était enclin à penser à l'importance des effets et des incidences, provoqués par le rythme sans cesse croissant de la vie moderne, ayant pour conséquence générale le passage d'une vie rurale à une vie urbaine. Là, la notion de loisir n'est pas seulement manifeste, elle est éminemment humoristique, sérieuse et excessive.

"I don't work for foreigners": an inquiry about the structure of emotions that regulates capital/labor relations in Syrian agriculture

Author: Diana Sarkis (Universidad de Barcelona)  email
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Short Abstract

An ethnographic study on social relations of production and experiences of work in Syrian agricultural sector is going to take us into a theoretical discussion about the emotions and the economy bringing together feminist and postcolonial theory, psychoanalysis and political economy.

Long Abstract

Based on an ethnographic study on capital-labor relations and experiences of work on the agricultural sector in Tartous (a region located at the Syrian coast), this paper explores the relationship between the regime of accumulation and the affective and moral experiences which endorse and undermine it. We are going to analyze: on the one hand, how the structure of accumulation depends on the moral and affective economies of patronage and family, and how such economies are not the simple product of ideological hegemony, but the result of lived relations at an everyday level (through experiences of love, dependence, respect, fear, esteem, etc.) and very concrete anxieties (around the difficulties to survive in a context of precariousness). On the other hand, we are going to consider how everyday experiences put in motion the ambivalence and conflict that are inherent in the structure of affections and in the general social structure. We are going to evaluate how the concrete experiences of the subjects destabilize the hegemonic structure of emotions.

These ethnographic experiences are going to take us into a theoretical discussion bringing together: 1) feminist critiques of the separation between private-emotional domain and economic-rational one; 2) social applications of psychoanalysis and postcolonial theory to explore the vécu of relations of domination and the conscious-unconscious continuum; 3) the political economy framework in anthropology which interrogates economic structure as a historical arena of everyday struggle and everyday struggle as a concretion of structural and large scale processes.

This workshop is closed to new paper proposals.